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Les risques

Les nanotechnologies sont très prometteuses pour la recherche et l’innovation industrielle. Dans les prochaines décennies, elles auront un impact important sur notre vie quotidienne. Ainsi comme pour d’autres produits manufacturés, nos organismes pourraient entrer en contact avec des nanoparticules via la peau, les voies respiratoires ou digestives. C’est pourquoi les scientifiques s’interrogent sur les risques potentiels pour notre santé. Télécharger la version pdf.

Si une nanoparticule est en contact avec une cellule, quel peut-être son impact sur le métabolisme de la cellule c'est-à-dire sur son fonctionnement? Est-ce que la nanoparticule va induire la mort de la cellule ou une inflammation locale? Est-ce que cette nanoparticule peut avoir un effet sur le patrimoine génétique de la cellule c'est-à-dire sur son ADN?

Le projet Nanotoxico

Pour répondre à ces questions, les Facultés Universitaires de Namur ont développé avec la Région Wallonne le programme de recherches Nanotoxico. Son objectif est la mise au point de méthodes standardisées et rigoureuses pour évaluer les risques sanitaires potentiels de trois nanoparticules produites en région wallonne : les nanotubes de carbone, les carbures de titane et de silicium.

L’ensemble du projet devrait permettre de développer des outils fiables et reproductibles permettant d'évaluer  le plus précisément possible l’impact des nanoparticules sur la santé humaine

Etudier la toxicité des nanoparticules est un problème complexe car leurs propriétés physico-chimiques jouent un rôle dans leur éventuelle toxicité. Une nanoparticule peut par exemple être toxique à une taille et ne plus l’être à une autre taille. Les recherches doivent donc se faire au cas par cas et en équipe pluridisciplinaire composée de physiciens, chimistes, biologistes, pharmaciens et médecins.

Peu d'études publiées 

Aujourd’hui, plus de 800 produits issus des nanotechnologies sont déjà commercialisés. Il y a pourtant peu d’informations disponibles sur la toxicité potentielle des nanomatériaux manufacturés. Les quelques études réalisées à ce jour ont peu de recul et il y a une grande diversité de nanoparticules produites.

Cependant, quelques recherches ont montré qu'une fois inhalées, certaines nanoparticules pouvaient entrainer des inflammations au niveau du poumon . De mêmes, il semblerait que certaines arrivent à traverser la barrière de protection du poumon (épithélium bronchique) et se retrouvent dans la circulation sanguine. Il faut toutefois souligner que ces études se sont intéressées à des doses élevées  et à une exposition à court terme. Ce scénario d’exposition correspond donc plutôt à une exposition accidentelle et ne reflète pas les conditions réelles d’exposition du travailleur qui lui est plutôt exposé à des doses plus faibles  sur des longues périodes.

Un consensus européen et international

La connaissance est encore fragmentaire. C’est pourquoi aux niveaux européen et international, il y a un consensus sur la nécessité d’approfondir les recherches car le manque d’information sur les risques sanitaires et environnementaux rende la réglementation difficile. L’OCDE, l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques a constitué un groupe d’une centaine d’experts pour étudier la biosécurité des nanomatériaux manufacturés.   

L’objectif final est de déterminer si les méthodes actuellement existantes pour évaluer les produits chimiques sont adaptés pour les nanoparticules. Et pour cause, leurs caractéristiques physico-chimiques étant particulières, elles pourraient développer des effets toxiques nouveaux qui ne sont pas pris en compte par les lignes directrices de l’OCDE.

Un autre objectif poursuivi est de dresser une liste de nanoparticules de référence pour les études de toxicité à venir. En Europe, un code de bonne conduite pour une recherche responsable en nanosciences et en nanotechnologies a été adopté. Ce code recommande le respect du principe de précaution. La commission européenne a aussi revisité la réglementation sur les produits chimiques.   

Le constat est qu’il faut encore faire des recherches mais qu’en général cette réglementation suffit pour les nanomatériaux. Toutefois il y aura surement des adaptations à faire et face à ces incertitudes on demande effectivement un principe de précaution c'est-à-dire de se protéger au maximum à une éventuelle exposition des nanoparticules.  

Ce principe de précaution concerne les chercheurs et les professionnels du secteur qui sont les premiers en contact avec les nanoparticules mais aussi les consommateurs et l’environnement.